26 mai 2008

rien à toucher

Nous avons été trop loin dans le ciel au-dessus de nous, trop loin dans notre tête. Si loin que nous ne pouvons plus toucher ce que nous voyons et que nous ne pouvons pas toucher ce que nous pensons. Si infiniment loin que plus rien n'est touchable, que plus rien n'est palpable, que notre corps n'existe plus, que nos mains non plus, que notre sexe aussi. Il n'y a plus rien à toucher, nos yeux ont illuminé de mille éclats le monde à l'extérieur devant nous et à l'intérieur dans notre tête.


Jean-Luc Parant, Les yeux au monde, Fata Morgana, France, 2003

24 mai 2008

discussion

- Holà!
- Qué tal?
- No sé.
- Pauvre idiot!
- merci.
- Alors?
- Hoy no soy perdido. O pero si.
- Qué dices?
- Nada.

14 avril 2008

moi je viens de la prose

Moi je viens de la prose
c'est à dire d'une chose
qui n'existe pas.
Maman c'est quoi
écrire de la prose en prose?
C'est rien ne pleure pas.

Liliane Giraudon, Les états mentaux du thermostat, revue Action Poétique 191/192, Diffusion Les Belles Lettres, 2008, p.89

11 avril 2008

La vraie paresse

La vraie paresse c'est de se lever à six heures du matin pour avoir plus longtemps à ne rien faire.
(Tristan Bernard)

07 avril 2008

6-r2

6-r2

[puis il s'en ira
pour ne pas revenir
parce que ne revient jamais
jamais rien
rien qui ne soit ce
rester
jusqu'à ce que plus rien
rien de plus
jusqu'à ce que finisse
cet après]



Giulani Mesa, extrait du Troisième cahier des Quatre cahiers, Impromptus, revue Action Poétique 191/192, Diffusion Les Belles Lettres, 2008, p.63 (traduction de l'italien par Andrea Raos et Eric Suchère)

30 mars 2008

il ne fallait plus rien

Elle abdiquait.
Elle n'aurait pas bougé le petit doigt pou toucher à la moindre chose.

Il ne fallait plus rien ouvrir et ne toucher à rien.
Tout restait à sa place, immobile.

Sarah Kéryna, extrait de C'était ainsi, revue Monsieur Thérèse no. 0, Marseille, 2006, p.32

27 mars 2008

Rien n'y préparait

La mescaline multiplie, affine, accélère, intensifie les prises intérieures, dont on voit, médusé, sans la comprendre, la crue extraordinaire. Les yeux fermés, on est en présence d'un immense monde... Rien n'y préparait. On ne le reconnaît pas.


Henri Michaux, Parenthèse, L'échoppe & La maison des amis des livres, 1998, page 17

21 mars 2008

100ème message !

un autre de ces jours gris où je me perd. un autre jour où quoi que je fasse, je n'arrive à rien. un autre jour gris comme les autres, un autre jour où je n'arrive à rien. un autre rien. un autre jour, peut-être, qui sait.

17 mars 2008

3-t1

3-t1

(d'une vie il ne reste presque rien
et ce qui reste, souvent, n'est pas vrai)
(prends pour mesure, maintenant, le bruit,
dehors, de la nuit)

(il n'y a rien de plus faux
que la volonté de dire le vrai)
(ce rapprochement est vrai.
il est vrai que de quelque chose, toujours,
nous nous rapprochons
- mieux : nous approchons,
qui sonne mieux,
et qui est mieux que rien)

Giulani Mesa, extrait du Premier cahier des Quatre cahiers, Impromptus, revue Action Poétique 191/192, Diffusion Les Belles Lettres, 2008, p.60 (traduction de l'italien par Andrea Raos et Eric Suchère)

09 mars 2008

dimanche ou presque rien

Tant de bonnes intentions. Une liste immense de choses à faire. Allez savoir pourquoi, je n'ai presque rien fait. J'ai mangé des hamburgers au fromage de brebis avec des chips aux herbes de Provence, fait le ménage et puis la lessive. C'est tout.