On sait que la pomme n'est rien, n'est rien d'autre qu'un sein, un symbole du lâchez-pas la chair de la chimère, une chaise atmosphérique et sa chaîne, bol de lait qui traîne saoul sous la peau, nuée noyée dans la braise centrale, cent plats portés sur un plateau platonique tonique à la portée d'un manque d'haleine, plateau de seins sphériques féériques, éther, éternellement plantés dans la plaie de l'homme.
Ghérasim Luca, "La voix lactée" in Héros-limite, José Corti, 1987-2000, p. 33
07 juin 2009
17 mai 2009
rien ne l'indiquera
Pour éviter les surprises
pour ne rien perdre de l'assiette
il faut calculer sa contenance
connaître son tirant de soupe
évaluer sa capacité d'accumulations
au-dessous de la ligne de la table
c'est compliqué
__________ aléatoire
rien ne l'indiquera avec précision
ni le nombre d'alvéoles qu'elle abrite
ni le volume des mots balancés là-dedans
Jean-Jacques Viton, L'assiette, P.O.L., France, 1996, p.10
pour ne rien perdre de l'assiette
il faut calculer sa contenance
connaître son tirant de soupe
évaluer sa capacité d'accumulations
au-dessous de la ligne de la table
c'est compliqué
__________ aléatoire
rien ne l'indiquera avec précision
ni le nombre d'alvéoles qu'elle abrite
ni le volume des mots balancés là-dedans
Jean-Jacques Viton, L'assiette, P.O.L., France, 1996, p.10
10 mai 2009
La môme néant
La môme néant
Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.
Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?
- A' xiste pas.
"La môme néant" de Jean Tardieu, dans Monsieur Monsieur, Gallimard, 1951
Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.
Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?
- A' xiste pas.
"La môme néant" de Jean Tardieu, dans Monsieur Monsieur, Gallimard, 1951
01 mai 2009
I give you nothing!
Think about the times and places you've never known
You're a manswarm atom and yet you're alone
So I give you me
I give you nothing!
So you've got a place that you can call your own
But you make a habit of carrying the stone
Look around and ask someone if you're alive
You're a sidewalk cipher speaking prionic jive
So I give you me
I give you nothing!
Respectable, despicable it seems all the same
Now we realize that we have nothing to say
Bad Religion, "Give you nothing", album SUFFER, Epitaph, 1988
You're a manswarm atom and yet you're alone
So I give you me
I give you nothing!
So you've got a place that you can call your own
But you make a habit of carrying the stone
Look around and ask someone if you're alive
You're a sidewalk cipher speaking prionic jive
So I give you me
I give you nothing!
Respectable, despicable it seems all the same
Now we realize that we have nothing to say
Bad Religion, "Give you nothing", album SUFFER, Epitaph, 1988
27 avril 2009
ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, surtout pas, ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi
Suis moi jusqu'au bout de la nuit
Jusqu'au bout de ma folie
Laisse le temps, oublie demain
Oublie tout ne pense plus à rien
Ne dis rien, surtout pas, ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi
Anna Karina et Serge Gainsbourg, "Ne dis rien", Anna (B.O. téléfilm), 1967
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi
Suis moi jusqu'au bout de la nuit
Jusqu'au bout de ma folie
Laisse le temps, oublie demain
Oublie tout ne pense plus à rien
Ne dis rien, surtout pas, ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi
Anna Karina et Serge Gainsbourg, "Ne dis rien", Anna (B.O. téléfilm), 1967
20 avril 2009
vrai et faux n'impliquent rien
Dans le monde étrangement inversé de la société du chaos, le plus souvent, vrai et faux n'impliquent rien pour l'un comme pour l'autre et s'équivalent.
Jordi Vidal, Servitude et simulacre, éditions Allia, 2007, p.23
Jordi Vidal, Servitude et simulacre, éditions Allia, 2007, p.23
18 avril 2009
Rien que
Rien que le goût d'habiter nus
dans la maison légère de l'odeur
Rien que deux folies au secret
faisant crier la douceur de la greffe
Rien que ce goût de sel aux bouches
deux chairs cognées par un seul bruit de coeur
Rien que mordre à l'un mordre à l'autre
forts de l'instant qui va jusqu'à nos pieds
Rien que boire à l'un boire à l'autre
l'ombre est dedans on y ferme les yeux
Respirer rien que respirer
en voyageant par le calme du lit
Ludovic janvier, poème "Rien que" dans La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
dans la maison légère de l'odeur
Rien que deux folies au secret
faisant crier la douceur de la greffe
Rien que ce goût de sel aux bouches
deux chairs cognées par un seul bruit de coeur
Rien que mordre à l'un mordre à l'autre
forts de l'instant qui va jusqu'à nos pieds
Rien que boire à l'un boire à l'autre
l'ombre est dedans on y ferme les yeux
Respirer rien que respirer
en voyageant par le calme du lit
Ludovic janvier, poème "Rien que" dans La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
05 avril 2009
flocons de rien
est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu'à l'os par le deuil et le froid
car il neige à n'en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement ans pardon
neige légère à serrer le coeur
neige lourde à tuer le temps
c'est bien l'éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c'est tout simple il ne fallait pas naître
Ludovic Janvier, extrait du poème NEIGE, La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu'à l'os par le deuil et le froid
car il neige à n'en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement ans pardon
neige légère à serrer le coeur
neige lourde à tuer le temps
c'est bien l'éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c'est tout simple il ne fallait pas naître
Ludovic Janvier, extrait du poème NEIGE, La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
18 mars 2009
tout est absurde
"je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation."
Albert Camus, L'homme révolté, Gallimard, 1951, p.21
Albert Camus, L'homme révolté, Gallimard, 1951, p.21
15 mars 2009
elle se fonde sur rien
"De là le mystère et la force de la poésie : elle se fonde sur rien - tout au plus sur une disparition - et à ce titre rien ne saurait avoir raison d'elle. On l'a dit terminée, disparue, abolie ; elle survit, et plutôt bien, même si son lectorat est mince (mais a-t-il été un jour plus important qu'il ne l'est aujourd'hui ? de toute façon l'essentiel ne réside pas dans le nombre de personnes qui se presse devant une œuvre d'art mais dans l'influence qu'une œuvre peut avoir sur tel ou tel, individu ou groupe, action qui ne peut s'exercer à plein que dans la durée, dans les creux et les pleins du temps, des années puis des siècles)."
Pascal Gibourg / Le poète et son territoire
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2008
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Pascal Gibourg / Le poète et son territoire
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