Rien que le goût d'habiter nus
dans la maison légère de l'odeur
Rien que deux folies au secret
faisant crier la douceur de la greffe
Rien que ce goût de sel aux bouches
deux chairs cognées par un seul bruit de coeur
Rien que mordre à l'un mordre à l'autre
forts de l'instant qui va jusqu'à nos pieds
Rien que boire à l'un boire à l'autre
l'ombre est dedans on y ferme les yeux
Respirer rien que respirer
en voyageant par le calme du lit
Ludovic janvier, poème "Rien que" dans La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
18 avril 2009
05 avril 2009
flocons de rien
est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu'à l'os par le deuil et le froid
car il neige à n'en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement ans pardon
neige légère à serrer le coeur
neige lourde à tuer le temps
c'est bien l'éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c'est tout simple il ne fallait pas naître
Ludovic Janvier, extrait du poème NEIGE, La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu'à l'os par le deuil et le froid
car il neige à n'en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement ans pardon
neige légère à serrer le coeur
neige lourde à tuer le temps
c'est bien l'éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c'est tout simple il ne fallait pas naître
Ludovic Janvier, extrait du poème NEIGE, La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90
18 mars 2009
tout est absurde
"je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation."
Albert Camus, L'homme révolté, Gallimard, 1951, p.21
Albert Camus, L'homme révolté, Gallimard, 1951, p.21
15 mars 2009
elle se fonde sur rien
"De là le mystère et la force de la poésie : elle se fonde sur rien - tout au plus sur une disparition - et à ce titre rien ne saurait avoir raison d'elle. On l'a dit terminée, disparue, abolie ; elle survit, et plutôt bien, même si son lectorat est mince (mais a-t-il été un jour plus important qu'il ne l'est aujourd'hui ? de toute façon l'essentiel ne réside pas dans le nombre de personnes qui se presse devant une œuvre d'art mais dans l'influence qu'une œuvre peut avoir sur tel ou tel, individu ou groupe, action qui ne peut s'exercer à plein que dans la durée, dans les creux et les pleins du temps, des années puis des siècles)."
Pascal Gibourg / Le poète et son territoire
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2008
w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m
Pascal Gibourg / Le poète et son territoire
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2008
w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m
25 février 2009
je n'ai rien à critiquer
« J'ai très peu lâché Gainsbourg dans ma vie. J'aime tout, je ne choisis rien, je n'ai rien à critiquer, tout me plaît. »
Carla Bruni
sur le site: http://monsieurgainsbourg.artistes.universalmusic.fr/03interview_carla.php
Carla Bruni
sur le site: http://monsieurgainsbourg.artistes.universalmusic.fr/03interview_carla.php
18 février 2009
double de rien
un ciel qu'on observe c'est comme une marmite voyez. à l'instant où le héros renonça les cieux se mirent à bouillir. météorites et planètes passèrent au-dessus de lui comme une chauve-souris commune. que pouvait-il dire. il était dans un sale état. sa langue devenait floue pour ne rien dire de sa vision. ses yeux voyaient double le double de rien.
Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38
Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38
12 février 2009
le héros ne vit rien
la voie lactée s'agitait s'agitait. un troupeau d'étoiles filantes. comètes erratiques et la grande ourse si présente comme une lune nouvelle-née. et pourtant le héros ne vit rien.
Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38
Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38
26 janvier 2009
n'existe pas
"Au cinéma comme dans tout, qui ne risque rien n'existe pas."
Marc Cassivi, journal La Presse du samedi 23 août 2008, cahier Cinéma, Montréal, p.7
Marc Cassivi, journal La Presse du samedi 23 août 2008, cahier Cinéma, Montréal, p.7
18 janvier 2009
le pour rien de tous ces détours
ça n'est pas le bruit du sang qui m'étouffe
ni le travail du coeur à coups profonds
est-ce que c'est le mensonge au cul des mots depuis toujours
- un jour on saura que j'existais à peine -
ou seulement le noir gueule ouverte sur ma figure
ou le pour rien de tous ces détours tout le temps
le temps perdu pour être sûr de mourir justement
justement le temps perdu
j'ai dû dormir
le jour vient à pas d'oiseaux sur les toitures
Ludovic Janvier, extrait du poème "est-ce que tu dors", La mer à Boire, 2006, Gallimard, p.87
ni le travail du coeur à coups profonds
est-ce que c'est le mensonge au cul des mots depuis toujours
- un jour on saura que j'existais à peine -
ou seulement le noir gueule ouverte sur ma figure
ou le pour rien de tous ces détours tout le temps
le temps perdu pour être sûr de mourir justement
justement le temps perdu
j'ai dû dormir
le jour vient à pas d'oiseaux sur les toitures
Ludovic Janvier, extrait du poème "est-ce que tu dors", La mer à Boire, 2006, Gallimard, p.87
12 janvier 2009
on ne touche à rien
On ne touche à rien
qu'un peu de cendres à quoi l'histoire
nous aura réduits: nos doigts fument
de cette poussière remuée, de l'encens d'homme
offert aux cieux qui nous le soufflent en plein visage
Pierre Ouellet, suite poétique "Âme pour âme", Zone franche Liber Asylum, éditions du Noroît, 2004, p.25
qu'un peu de cendres à quoi l'histoire
nous aura réduits: nos doigts fument
de cette poussière remuée, de l'encens d'homme
offert aux cieux qui nous le soufflent en plein visage
Pierre Ouellet, suite poétique "Âme pour âme", Zone franche Liber Asylum, éditions du Noroît, 2004, p.25
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