02 février 2008

ce qui relie rien à rien

"A peine perceptible, ce qui relie rien à rien, ou plutôt à l'ébauche d'un vide diamétralement ouvert au vertige, pour le contenir, l'apaiser. Un paysage est une langue maternelle dont on ne se débarasse jamais, il couve dans les lignes de nos mains, dans notre souffle, dans notre façon de boiter. A l'intérieur, on parle d'ascèse. Moi je bois à longs traits cet équilibre du dedans tracé par une main qui aime la chair des femmes."

Dominique Sampiero, Terre pour une légende qui n'en a plus, Cheyne éditeur,1991, page 30

27 janvier 2008

une chose qui n'est plus soutenue par rien, tombe

- Essaie de comprendre, c'est très simple.
- Oui.
- Tu te souviens la combustion ?
- Oui.
- La destruction de l'immeuble par les flammes ?
- Oui.
- Bon. Ça veut dire qu'en-dessous, les murs et les étages ont disparu.
- Hum.
- Et qu'nous n'sommes plus soutenus par rien.
- Ouais.
- Or, une chose qui n'est plus soutenue par rien, tombe. C'est ce qu'on appelle la pesanteur. C'est normal !
- Aaaah, ouais.

C'est Normal, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, 1973

24 janvier 2008

dont on ne sait rien

Pas comme les mots. les mots font toujours dire trop. Ça mène loin, les mots. Tout de suite aux complications, pour être excitant, pour demeurer dans l'excitant abstrait, qui reste en soi, qui n'a pas de nom et dont on ne sait rien. Ils vous font mythomane, pratiquent des fouilles, ont besoin d'investissements, besoin d'ennemis, de récits, suppléments que tout ça, suppléments, formes erronées (et l'agressivité elle-même peut être supplément) avec quoi on se dupe.

Henri Michaux, Parenthèse suivi de Faut-il vraiment une déclaration?, L'Échoppe & La Maison des amis des livres, 1998, p.8

22 janvier 2008

Si vous ne comprenez plus rien à rien

«Si vous ne comprenez plus rien à rien, pensez à autre chose.»

- Brigitte Fontaine, Les églantines sont peut-être formidables, 1980

20 janvier 2008

Y vit dans rue pu rien pantoute

Hier j'ai rencontré un pauvre
Y vit dans rue pu rien pantoute
Y m'a dit une phrase j'l'ai trouvé drôle:
« La vie c'est court mais c'est long des p'tits boutes »


Les Colocs (paroles André Fortin), Le répondeur, album Dehors novembre, 1998

19 janvier 2008

Tellement longtemps

J'ai une blonde qui m'aime, j'ai une belle guitare
J'ai envie de rien, chu toujours en retard
Là, j'ai tout c'que j'veux, sauf un peu d'désir
J'voudrais ben partir, j'voudrais être heureux

Les Colocs (paroles: André Fortin), Tellement longtemps, album «Dehors Novembre», 1998

18 janvier 2008

Rien n'est permanent

«Rien n'est permanent, ni la cendre, ni la brûlure.»

- Dominique Sampiero, Terre pour une légende qui n'en a plus, Cheyne éditeur, France, 1991, p.36

14 janvier 2008

Rien n’est dit

Rien n’est dit, rien de ce que nous savons n’a même

jusqu’à ce jour été vraiment pensé

ni cette incroyable effarante vitesse de l’instant

ni l’ahurissante permanence des pierres

Marc Petit, Rien n’est dit, Dumerchez, France, 2001, p.9

11 janvier 2008

just talk about nothing

now here I go,
hope I don't break down,
I won't take anything, I don't need anything,
don't want to exist, I can't persist,
please stop before I do it again,
just talk about nothing, let's talk about nothing,
let's talk about no one, please talk about no one, someone, anyone

"Infected", Bad Religion, album "Stranger Than Fiction" (1994)

09 janvier 2008

la douleur

«La douleur n'apprend rien, rien»

- début d'un poème de Philippe Rahmy