01 mai 2009

I give you nothing!

Think about the times and places you've never known
You're a manswarm atom and yet you're alone
So I give you me
I give you nothing!

So you've got a place that you can call your own
But you make a habit of carrying the stone
Look around and ask someone if you're alive
You're a sidewalk cipher speaking prionic jive
So I give you me
I give you nothing!

Respectable, despicable it seems all the same
Now we realize that we have nothing to say

Bad Religion, "Give you nothing", album SUFFER, Epitaph, 1988

27 avril 2009

ne dis rien suis-moi

Ne dis rien, surtout pas, ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi
Suis moi jusqu'au bout de la nuit
Jusqu'au bout de ma folie
Laisse le temps, oublie demain
Oublie tout ne pense plus à rien
Ne dis rien, surtout pas, ne dis rien suis-moi
Ne dis rien, n'ai pas peur, ne crains rien de moi

Anna Karina et Serge Gainsbourg, "Ne dis rien", Anna (B.O. téléfilm), 1967

20 avril 2009

vrai et faux n'impliquent rien

Dans le monde étrangement inversé de la société du chaos, le plus souvent, vrai et faux n'impliquent rien pour l'un comme pour l'autre et s'équivalent.

Jordi Vidal, Servitude et simulacre, éditions Allia, 2007, p.23

18 avril 2009

Rien que

Rien que le goût d'habiter nus
dans la maison légère de l'odeur

Rien que deux folies au secret
faisant crier la douceur de la greffe

Rien que ce goût de sel aux bouches
deux chairs cognées par un seul bruit de coeur

Rien que mordre à l'un mordre à l'autre
forts de l'instant qui va jusqu'à nos pieds

Rien que boire à l'un boire à l'autre
l'ombre est dedans on y ferme les yeux

Respirer rien que respirer
en voyageant par le calme du lit

Ludovic janvier, poème "Rien que" dans La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90

05 avril 2009

flocons de rien

est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien
(posant le rien tout autour je veux dire)
corrompu jusqu'à l'os par le deuil et le froid
car il neige à n'en plus finir
de plein fouet sur le chagrin
comme autrefois doucement ans pardon
neige légère à serrer le coeur
neige lourde à tuer le temps
c'est bien l'éternité comme prévu
qui précipite exactement sur moi
c'est tout simple il ne fallait pas naître

Ludovic Janvier, extrait du poème NEIGE, La mer à boire, Gallimard, 2006, p.90

18 mars 2009

tout est absurde

"je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation."

Albert Camus, L'homme révolté, Gallimard, 1951, p.21

15 mars 2009

elle se fonde sur rien

"De là le mystère et la force de la poésie : elle se fonde sur rien - tout au plus sur une disparition - et à ce titre rien ne saurait avoir raison d'elle. On l'a dit terminée, disparue, abolie ; elle survit, et plutôt bien, même si son lectorat est mince (mais a-t-il été un jour plus important qu'il ne l'est aujourd'hui ? de toute façon l'essentiel ne réside pas dans le nombre de personnes qui se presse devant une œuvre d'art mais dans l'influence qu'une œuvre peut avoir sur tel ou tel, individu ou groupe, action qui ne peut s'exercer à plein que dans la durée, dans les creux et les pleins du temps, des années puis des siècles)."

Pascal Gibourg / Le poète et son territoire
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2008
w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m

25 février 2009

je n'ai rien à critiquer

« J'ai très peu lâché Gainsbourg dans ma vie. J'aime tout, je ne choisis rien, je n'ai rien à critiquer, tout me plaît. »

Carla Bruni

sur le site: http://monsieurgainsbourg.artistes.universalmusic.fr/03interview_carla.php

18 février 2009

double de rien

un ciel qu'on observe c'est comme une marmite voyez. à l'instant où le héros renonça les cieux se mirent à bouillir. météorites et planètes passèrent au-dessus de lui comme une chauve-souris commune. que pouvait-il dire. il était dans un sale état. sa langue devenait floue pour ne rien dire de sa vision. ses yeux voyaient double le double de rien.


Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38

12 février 2009

le héros ne vit rien

la voie lactée s'agitait s'agitait. un troupeau d'étoiles filantes. comètes erratiques et la grande ourse si présente comme une lune nouvelle-née. et pourtant le héros ne vit rien.

Patti Smith, "L'étonnante histoire de muflechien" in Corps de plane - écrits de 1970-79, traduction de Jean-Paul Mourlon, éditions Tristram, 1998, p.38