La salle avait un éclat souillé et froid, les garçons circulaient trop vite, d'un air un peu brutal, indifférent, les glaces reflétaient durement des visages fripés et des yeux clignotants.
Mais ils ne demandaient rien de plus, c'était cela, ils le savaient, il ne fallait rien attendre, rien demander, c'était ainsi, il n'y avait rien de plus, c'était cela, "la vie".
Rien d'autre, rien de plus, ici ou là, ils le savaient maintenant.
Il ne fallait pas se révolter, rêver, attendre, faire des efforts, s'enfuir, il fallait juste choisir attentivement (le garçon attendait), serait-ce une grenadine ou un café? crème ou nature? en acceptant modestement de vivre – ici ou là – et de laisser passer le temps.
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre XVI, les éditions de minuit, 2007, p.100
26 novembre 2008
24 novembre 2008
la véritable intelligence
"Il paraissait certain, quand on ouvrait la porte et qu'on voyait l'escalier, [...] il paraissait certain qu'il fallait le plus longtemps possible -- attendre, demeurer ainsi immobile, ne rien faire, ne pas bouger, que la suprême compréhension, que la véritable intelligence, c'était cela, ne rien entreprendre, remuer le moins possible, ne rien faire."
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.35
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.35
15 novembre 2008
10 novembre 2008
Goin' nowhere fast
Nothing's strange as when it seems
You're living out all your worst possible dreams
Goin' nowhere fast
Beck, chanson Goin' nowhere fast, cassette "fresh meat and old slabs", 1993
You're living out all your worst possible dreams
Goin' nowhere fast
Beck, chanson Goin' nowhere fast, cassette "fresh meat and old slabs", 1993
04 novembre 2008
02 novembre 2008
Danielle Collobert va et vient
Venue cognée contre son mur
partie marcher comme on s'achève
venue rire à côté de vous
allée dormir comme on se jette
venue pour essayer les mots
partie hurler sans rien vous dire
venue jouir pour qu'on l'absente
allée mourir que ça se taise
et maintenant plus jamais là
tremblante face aux mots qui la regardent
poème "Danielle Collobert va et vient" de Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 2006, P.85
partie marcher comme on s'achève
venue rire à côté de vous
allée dormir comme on se jette
venue pour essayer les mots
partie hurler sans rien vous dire
venue jouir pour qu'on l'absente
allée mourir que ça se taise
et maintenant plus jamais là
tremblante face aux mots qui la regardent
poème "Danielle Collobert va et vient" de Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 2006, P.85
26 octobre 2008
rien qu'une odeur
rien qu'une odeur de foin un grincement de roue
dans un pays qui est ailleurs une autre vie
que veut dire oublier si voir existe à peine
Ludovic Janvier, extrait du poème si "voir existe à peine", La mer à boire, Gallimard, 2006, p.80
dans un pays qui est ailleurs une autre vie
que veut dire oublier si voir existe à peine
Ludovic Janvier, extrait du poème si "voir existe à peine", La mer à boire, Gallimard, 2006, p.80
09 octobre 2008
tu seras un moins que rien
Maman quand j's'rai grand
J'voudrais pas être étudiant
Alors tu seras un moins que rien
Ah oui ça je veux bien
Renaud, "étudiant poil aux dents", Un Olympia à moi tout seul, 1980
J'voudrais pas être étudiant
Alors tu seras un moins que rien
Ah oui ça je veux bien
Renaud, "étudiant poil aux dents", Un Olympia à moi tout seul, 1980
06 octobre 2008
sans rien dire en regardant nos pieds
[...]
depuis nous longeons le cimetière depuis
le coin d'Edgar-Quinet jusqu'à Raspail
puisque c'est là notre siècle ce soir
et qu'il nous faudra passer par cette ombre
entre les feuillages noirs et les murs
pour un peu de fraîche enfin sur les yeux
sans rien dire en regardant nos pieds
moi je déchiffre c'est lui qui bute
avec ses deux longues jambes occupées
l'une qui tâte et l'autre qui tarde
[...]
extrait du poème AVEC SAM de Ludovic Janvier in La mer à boire, Gallimard, 2006, p.81
depuis nous longeons le cimetière depuis
le coin d'Edgar-Quinet jusqu'à Raspail
puisque c'est là notre siècle ce soir
et qu'il nous faudra passer par cette ombre
entre les feuillages noirs et les murs
pour un peu de fraîche enfin sur les yeux
sans rien dire en regardant nos pieds
moi je déchiffre c'est lui qui bute
avec ses deux longues jambes occupées
l'une qui tâte et l'autre qui tarde
[...]
extrait du poème AVEC SAM de Ludovic Janvier in La mer à boire, Gallimard, 2006, p.81
22 septembre 2008
Un moins que rien
Ch't'aime pis j'te veux
Dans mes mains, dans mes jeux
Sans toé j'me sens vieux
Ch't'aime pis ch't'en veux
Chus un vaurien, je l'sais ben
Un moins que rien, je l'sais trop ben
Mais quand t'es là chus heureux
Chus chez nous dans tes cheveux
T'es mon trésor, mon or en bar
Ch'te changerais pas pour un gros char
dans la chanson "Ch't'aime pi ch't'en veux" du groupe Aut'chose sur l'album Prends une chance avec moé, Montréal, 1975
Dans mes mains, dans mes jeux
Sans toé j'me sens vieux
Ch't'aime pis ch't'en veux
Chus un vaurien, je l'sais ben
Un moins que rien, je l'sais trop ben
Mais quand t'es là chus heureux
Chus chez nous dans tes cheveux
T'es mon trésor, mon or en bar
Ch'te changerais pas pour un gros char
dans la chanson "Ch't'aime pi ch't'en veux" du groupe Aut'chose sur l'album Prends une chance avec moé, Montréal, 1975
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