Chaque fois, comme si de rien
n'était, j'ai repris mon tra-
vail où je l'avais laissé. Je
ne me suis pas rendu compte
que, lorsque je cessais d'écrire,
le récit progressait, me lais-
sant loin en arrière.
Alain Veinstein, Vers l'absence de soutien, Paris, Gallimard, NRF, 1978, p.38
14 octobre 2010
homme de rien
le journalier...
Homme de rien, qui passe de
main en main, son histoire
n'est faite que des restes des
histoires des autres.
Alain Veinstein, Vers l'absence de soutien, Paris, Gallimard, NRF, 1978, p.35
Homme de rien, qui passe de
main en main, son histoire
n'est faite que des restes des
histoires des autres.
Alain Veinstein, Vers l'absence de soutien, Paris, Gallimard, NRF, 1978, p.35
rien dans cet étroit récit
S'il ne se passe rien dans cet
étroit récit, c'est qu'il joint
l'acte à la parole: le vide est
son rayon d'action
[...]
Toutes mes lignes, il y a un
instant, entraient dans une
question. Et c'est le froid à
nouveau, le froid, le trou sous
n'importe quel mot -- où il
n'y a rien à demander à per-
sonne.
[...]
Ce qui semblait donné,
le nom --
quatre murs
qui n'enferment rien.
Alain Veinstein, Vers l'absence de soutien, Paris, Gallimard, NRF, 1978, p.33
étroit récit, c'est qu'il joint
l'acte à la parole: le vide est
son rayon d'action
[...]
Toutes mes lignes, il y a un
instant, entraient dans une
question. Et c'est le froid à
nouveau, le froid, le trou sous
n'importe quel mot -- où il
n'y a rien à demander à per-
sonne.
[...]
Ce qui semblait donné,
le nom --
quatre murs
qui n'enferment rien.
Alain Veinstein, Vers l'absence de soutien, Paris, Gallimard, NRF, 1978, p.33
06 juillet 2010
j'ai rien à dire
Il est temps de saluer quelques livres qui ont amené ma perte, me mènent toujours là où la passion bouleverse, m'ont sorti du discours qui communique toujours le même message -- j'ai peur de parler, j'ai rien à dire, la vie c'est la télévision, la vie c'est de la cochonnerie -- ou ce qui revient au même -- tu vas m'écouter, tu vas faire ça, la vie c'est le travail, la vie c'est la discipline --
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.147
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.147
Presque rien.
Ce qu'est la poésie québécoise. Presque rien. Pas de valeurs sûres. Les livres disparaissent vite. Pas de culture de la poésie ici et cela réjouit qui a faim de créations, d'inventions. Les livres de poésie sont éphémères: ils apparaissent, comblent de joie, brûlent dans quelques têtes liseuses, font voir la vie autrement, puis on jette dans le fleuve les cendres.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.145
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.145
Cela ne sert à rien et tu le sais
Saint-Denys Garneau à quoi te sert-il de faire un petit livre pour annoncer ta mort, pour dire qui te tue: tes amis qui piétinent ta vie sans le savoir, cette horloge qui brise ton oreille. Cela ne sert à rien et tu le sais: à la fin tu n'écris plus, il n'y aura pas un deuxième petit livre, puis un troisième, un quatrième, à l'infini.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.128
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.128
n'explique rien
Le poème est cette tente tremblante du chant d'une femme ou d'un homme et des cris qu'ils entendent; le texte tremble, chante, crie, mais ne tient pas de discours, n'explique rien.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.119
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.119
ne plus rien faire
te souviens-tu de l'ancienne vie où tu craignais à chaque instant de tomber sans raison autre que celle de la perte de l'amour, tu voulais dormir, ne plus voir personne, ne plus rien faire.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.116
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.116
rien à voir avec les événements du jour
Des instants hors de l'histoire, qui n'ont rien à voir avec les événements du jour, les cris d'une petite fille sont mon paradis -- je n'ai que faire du discours que prononce le premier ministre élu pour dire l'ordre le travail l'économie le progrès. Dans ma fatigue il y a toujours un garçon de quatre ans qui barbouille avec le plus grand sérieux.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.110
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.110
Rien ne sort
J'aimerais pleurer. Rien ne sort. Rien que les piaillements innombrables des oiseaux autour de l'oreiller.
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.87
Philippe Haeck, La parole verte, Montréal, VLB éditeur, 1981, p.87
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