J'ai des absences, parfois. Ce n'est rien:
je m'évanouis. Dans le paysage, lointain.
Ou bien dans le temps. Je pars. Reviens.
Revenu de tout mais à quoi? Jamais à moi
ni à personne. Mémoire: bruit fossile du temps.
Pierre Ouellet, extrait de la suite poétique "Seconds couteaux", Zone franche Liber asylum, éditions du Noroît, 2004, P.9
08 décembre 2008
07 décembre 2008
rien d'autre qu'un mur
je n'ai pensé à rien d'autre qu'un mur
et personne d'autre mon ami ne me suivra
ici où la neige que nos yeux exsudent
aveugle les saisons et succédant à celles-ci
le mal mord tes os
toute nuit a sa fenêtre qui est son paradis
Paul Bélanger, Nuits de la saint-Jean #19, Les jours de l'éclipse, Mains Libres, Québec Amérique, 2003, p. 29
et personne d'autre mon ami ne me suivra
ici où la neige que nos yeux exsudent
aveugle les saisons et succédant à celles-ci
le mal mord tes os
toute nuit a sa fenêtre qui est son paradis
Paul Bélanger, Nuits de la saint-Jean #19, Les jours de l'éclipse, Mains Libres, Québec Amérique, 2003, p. 29
04 décembre 2008
La cuisinière Ada
La cuisinière Ada, en bas, devant la table couverte de toile cirée blanche, épluche les légumes. Son visage est immobile, elle a l'air de ne penser à rien.
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre XVIII, les éditions de minuit, 2007, p.108
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre XVIII, les éditions de minuit, 2007, p.108
29 novembre 2008
sans rien faire
Elle restait là, toujours recroquevillée, attendant, sans rien faire.
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.34
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.34
26 novembre 2008
Rien d'autre, rien de plus
La salle avait un éclat souillé et froid, les garçons circulaient trop vite, d'un air un peu brutal, indifférent, les glaces reflétaient durement des visages fripés et des yeux clignotants.
Mais ils ne demandaient rien de plus, c'était cela, ils le savaient, il ne fallait rien attendre, rien demander, c'était ainsi, il n'y avait rien de plus, c'était cela, "la vie".
Rien d'autre, rien de plus, ici ou là, ils le savaient maintenant.
Il ne fallait pas se révolter, rêver, attendre, faire des efforts, s'enfuir, il fallait juste choisir attentivement (le garçon attendait), serait-ce une grenadine ou un café? crème ou nature? en acceptant modestement de vivre – ici ou là – et de laisser passer le temps.
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre XVI, les éditions de minuit, 2007, p.100
Mais ils ne demandaient rien de plus, c'était cela, ils le savaient, il ne fallait rien attendre, rien demander, c'était ainsi, il n'y avait rien de plus, c'était cela, "la vie".
Rien d'autre, rien de plus, ici ou là, ils le savaient maintenant.
Il ne fallait pas se révolter, rêver, attendre, faire des efforts, s'enfuir, il fallait juste choisir attentivement (le garçon attendait), serait-ce une grenadine ou un café? crème ou nature? en acceptant modestement de vivre – ici ou là – et de laisser passer le temps.
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre XVI, les éditions de minuit, 2007, p.100
24 novembre 2008
la véritable intelligence
"Il paraissait certain, quand on ouvrait la porte et qu'on voyait l'escalier, [...] il paraissait certain qu'il fallait le plus longtemps possible -- attendre, demeurer ainsi immobile, ne rien faire, ne pas bouger, que la suprême compréhension, que la véritable intelligence, c'était cela, ne rien entreprendre, remuer le moins possible, ne rien faire."
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.35
Nathalie Sarraute, Tropismes, chapitre V, les éditions de minuit, 2007, p.35
15 novembre 2008
10 novembre 2008
Goin' nowhere fast
Nothing's strange as when it seems
You're living out all your worst possible dreams
Goin' nowhere fast
Beck, chanson Goin' nowhere fast, cassette "fresh meat and old slabs", 1993
You're living out all your worst possible dreams
Goin' nowhere fast
Beck, chanson Goin' nowhere fast, cassette "fresh meat and old slabs", 1993
04 novembre 2008
02 novembre 2008
Danielle Collobert va et vient
Venue cognée contre son mur
partie marcher comme on s'achève
venue rire à côté de vous
allée dormir comme on se jette
venue pour essayer les mots
partie hurler sans rien vous dire
venue jouir pour qu'on l'absente
allée mourir que ça se taise
et maintenant plus jamais là
tremblante face aux mots qui la regardent
poème "Danielle Collobert va et vient" de Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 2006, P.85
partie marcher comme on s'achève
venue rire à côté de vous
allée dormir comme on se jette
venue pour essayer les mots
partie hurler sans rien vous dire
venue jouir pour qu'on l'absente
allée mourir que ça se taise
et maintenant plus jamais là
tremblante face aux mots qui la regardent
poème "Danielle Collobert va et vient" de Ludovic Janvier, La mer à boire, Gallimard, 2006, P.85
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